
Lorsque je suis arrivé sur le poste de maintenance, la Tour Aéro Réfrigérante (TAR) était une belle tête de Pareto : bête à chagrin pour la maintenance (pannes épisodiques, températures peu satisfaisantes), première consommation électrique du site (15 % du total) et première consommation d’eau du site (30-40 % du total). La chance a voulu que ce soit le premier automate que j’ai connecté sur la Gestion Technique Centralisée (GTC). Lorsque j’ai visualisé les 2 premières semaines d’enregistrement, j’ai vite compris qu’il y avait forcément mieux à faire. Lorsque j’ai lu le code de l’automate (en Ladder), j’ai compris pourquoi il en était ainsi. Le Ladder correspond à une logique où le monde se réduit à des relais qui claquent dans les armoires. Un certain nombre d’installations peuvent être pilotées de manière satisfaisante avec cet état d’esprit, mais si vous cherchez à améliorer la qualité du contrôle et/ou à diminuer votre consommation, il va falloir en changer. Avec l’aide d’un stagiaire, nous avons, couche après couche, reprogrammé entièrement l’automate. La commande des variateurs des moteurs est passée d’une commande en boucle ouverte (si la température extérieure est supérieure à X, alors piloter le moteur à la vitesse Y) à une commande en boucle fermée (avec de simples régulateurs PI basés sur les températures fonctionnelles). Nous avons gagné 40 puis 50 % de consommation électrique, et environ la même chose sur l’eau. Et en remplaçant les booléens par une machine à état, j’ai définitivement résolu différents problèmes fonctionnels.
Nota 1 : le fait de disposer d’enregistrements par la GTC a considérablement amélioré l’analyse des problèmes, en évitant de se reposer quasi exclusivement sur l’intuition qui faisait ce qu’elle pouvait, basée sur les paramètres affichés sur l’écran de l’automate, sans historique.
Nota 2 : le gain de consommation électrique s’est fait en pilotant correctement les variateurs de moteurs, sans avoir à investir dans des moteurs IEx. Le changement de moteurs, une fois le pilotage correctement fait, n’est tout simplement pas rentable.
Conclusion de cette petite histoire : la photographie, c’est bien, mais le cinéma c’est mieux. Et passer d’un pilotage boucle ouverte à boucle fermée est une opération très rentable (il faut juste trouver quelle est la consigne à respecter).