Cet article s’applique uniquement aux systèmes de chauffage avec circulation d’eau chaude.

Revenons à l’équation de l’article sur la thermodynamique, et simplifions-la encore un peu. La puissance de chauffage nécessaire à maintenir la température dans un logement est proportionnelle à la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur.
La puissance de chauffage délivrée par votre générateur de chaleur (chaudière, pompe à chaleur) est proportionnelle à la température de l’eau. En revanche, le rendement de votre générateur de chaleur diminue lorsque la température augmente (surtout pour les pompes à chaleur).
Dans le réseau de distribution de la chaleur, plus ou moins isolé, les pertes thermiques sont proportionnelles à la différence de température entre la température de l’eau et celle de la pièce où passe le réseau de distribution de chaleur.
Moralité : vous avez besoin d’une puissance maximale pour le jour où il fait vraiment froid, mais le reste du temps, vous pouvez vous permettre de diminuer la puissance du générateur de chaleur, et d’améliorer ainsi le rendement de votre installation. Tout ceci n’est pas neuf, c’est connu depuis « au moins ça, voire plus ».
Des gens ont donc réfléchi et trouvé une solution simple : il suffit d’installer un capteur de température extérieure et de faire varier la température d’eau en fonction de la température extérieure. Cela s’appelle une loi d’eau. Sur les chaudières et pompes à chaleur, c’est habituellement matérialisé par un bouton (gradué de 0 à 5 par exemple) ou par un petit graphique sur un écran (avec une droite qui penche en bas à droite).
Et donc que faire ?
1) Lisez très attentivement la documentation de votre chaudière ou pompe à chaleur pour savoir si elle permet l’utilisation d’un capteur de température extérieure et pour savoir comment ajuster la loi d’eau
2) Si c’est bon, alors vérifiez que vous avez bien un capteur de température extérieure
3) Si vous n’en avez pas, c’est le moment de vous en payer un. Soit vous êtes suffisamment bricoleur pour l’installer vous-même (à l’abri du soleil et attention à la sécurité électrique), soit vous le demandez à votre chauffagiste préféré, ce qui vous permettra de passer à l’étape suivante. Attention : il y a une grande diversité de capteurs, le capteur de l’appareil X est probablement inadapté pour l’appareil Y.
4) Si vous en avez un, il vous reste à tâtonner pour optimiser le réglage. Pour cela, utilisez les mois les plus froids, et allez-y progressivement en vous laissant quelques jours entre chaque nouveau réglage. Il faut donc réduire progressivement le réglage de la loi d’eau (en tournant le bouton vers le 0, en couchant la pente de la droite sur l’écran). Un petit peu pour commencer, attendre pour voir si le chauffage arrive à suivre, recommencer, etc… et arrêter lorsqu’il faut résolument trop froid. Pas le choix, il va falloir le faire vous-même car aucun chauffagiste ne va s’amuser à retourner chez son client toutes les semaines pour ce genre d’ajustement. Alors, évidemment, les radiateurs vont être moins chauds et c’est un peu contre-intuitif d’essayer de se chauffer avec des radiateurs « relativement froids », mais c’est bien cela qu’il faut viser.
Le jeu en vaut-il la chandelle ? Un ordre de grandeur classique est qu’entre un système qui tourne tout le temps à température maximale, et le même avec une loi d’eau ajustée au plus près, vous pouvez espérer 15 à 20 % de gain de consommation, pour un investissement nul ou très limité.
Une autre fois, je vous parlerai de petits travaux permettant de diminuer encore la loi d’eau.
Et pour changer des vidéos, voici, sur le site Gallica, une vieille édition du vrai esprit des Lois, de Montesquieu.
https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc11816d/ca100