Comme chacun le sait, l’énergie dépensée pour le chauffage dépend de la température extérieure. Donc comment savoir si une baisse de consommation est liée à une météo clémente ou à une évolution ? Les thermiciens ont créé pour cela le Degré Jour Unifié, DJU pour les intimes.
Voici la méthode : tous les jours, relever la température extérieure, déterminer le minimum et le maximum, et ensuite calculer : température de référence – moyenne (minimum, maximum). La température de référence, c’est la température intérieure souhaitée. Le calcul détermine la différence entre la température de référence et la moyenne de la température extérieure, donc la quantité de degrés à compenser pour atteindre la température intérieure souhaitée. La valeur de la température de référence importe peu, du moment qu’elle soit fixe.
Pour un DJU mensuel, il suffit d’additionner les DJU de chaque jour du mois. Où trouver les valeurs ? Ici par exemple : https://www.infoclimat.fr/stations-meteo/analyses-mensuelles.php, il vous reste à choisir une station météo proche de chez vous.
« Et j’en fais quoi de ces DJU ? »
Prenez une bonne vieille feuille de papier millimétré, une feuille à petits carreaux ou votre tableur préféré et tracez un nuage de points : en abscisse (axe des X, à l’horizontale) les DJU, en ordonnée (axe des Y, à la verticale) les consommations, 1 point par mois. Et sous vos yeux ébahis, le nuage de points va prendre la forme d’une droite un peu épaisse, en tout cas pour la période de chauffe. Ça marche aussi avec des données journalières. L’épaisseur dépend de la précision de votre mesure, mais aussi de tous les phénomènes qui ne se réduisent pas à la température extérieure.
Voici un exemple avec ma pompe à chaleur (avec un compteur RT2012 qui isole la consommation du chauffage) :
Le point de 2020 qui dépasse ? Suite à un orage, la carte électronique de l’unité extérieure était HS, donc pendant 1 mois, nous avons tourné sur la résistance électrique.
Voici un autre exemple (chez F qui se reconnaîtra) dans une maison où le gaz sert à chauffer la maison, l’eau chaude et faire la cuisine (données prises sur son compteur Gazpar) :
« Ah, ça vient de là le 7 % d’économie par degré de chauffage en moins ? » Mouais. Une fois que que vous avez pour une année complète un relevé de DJU mensuels et de consommation de chauffage, et que vous avez déterminé l’équation de la droite de régression, vous pouvez en déduire pour chaque mois la consommation que vous devriez avoir avec 30 DJU en moins, et additionner pour toute l’année. Et là, vous calculerez un pourcentage de gain par rapport à votre année de base, ce ne sera probablement pas 7 %.
Ce que je viens d’expliquer pour le chauffage marche pour en principe n’importe quoi d’autre, encore faut-il identifier le facteur influent (il peut aussi y en avoir plusieurs). Pour briller lors de votre prochain dîner en ville, vous pourrez dire qu’en termes ISO 50001, déterminer la relation entre vos facteurs influents et la consommation revient à déterminer un Indice de Performance Énergétique. Et la droite de régression dans votre situation actuelle porte le doux nom de Situation Énergétique de Référence.
Le but de jeu « faire des économies de chauffage » est donc simple : il s’agit d’écraser cette droite. Comment ? Rendez-vous aux prochains posts.
Et pour rendre à Molière ce qui lui appartient, c’est par exemple ici : https://www.youtube.com/watch?v=ts5ghUky75w