
Avez-vous déjà vu ce délicieux film nommé Les Palmes de Monsieur Schutz ? Il est consacré à la découverte du radium par Pierre & Marie Curie. Vous y trouverez une scène où Marie Curie explique à sa cuisinière ses préoccupations : la pechblende est radioactive, elle se compose de différents éléments importants et d’impuretés négligeables. Problème : les éléments importants ne sont pas radioactifs, et Marie Curie s’arrache les cheveux. La cuisinière lui demande alors si les impuretés n’auraient pas un rôle à jouer, et c’est effectivement parmi ces impuretés que Pierre et Marie Curie identifieront le radium.
Très bien, mais quel rapport avec l’énergie ? Lorsqu’un TGBT est instrumenté en comptage électrique, il est rare que tous les départs soient équipés. Et si le général est également mesuré, vous risquez fort d’avoir quelques surprises. Par exemple, ces quelques départs non mesurés pourraient représenter une part non négligeable du général, ou bien, à l’inverse, être associés à une consommation négative. Autre cas possible, si tous les départs sont mesurés, leur consommation pourrait bien dépasser celle du général.
Comment diable est-ce possible ? Comme n’importe quel pied à coulisse, les compteurs électriques ont une précision de mesure qui dépend de leur pleine échelle. Si les départs sont suffisamment peu chargés, la tolérance de mesure devient non négligeable par rapport à la valeur à mesurer. En additionnant des mesures, la tolérance de mesure de l’ensemble diminue en valeur relative, mais dès que vous comparez au général, vous réalisez une soustraction, les tolérances s’additionnent et … votre comparaison devient très hasardeuse.
Accessoirement, une petite puissance (a priori négligeable) mais qui est présente constamment crée une consommation dont l’importance peut surprendre. Cela s’appelle le talon, j’aborderai ce sujet une autre fois.
Conclusion de cette petite histoire : déterminer un plan de comptage et le matériel associé est une affaire sérieuse, qui recèle quelques pièges.